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États-Unis : lourde amende contre un militant pro-Cubain (In Cuba Today)

Nora Gámez Torres

Dans une affaire qui semble représenter un changement de politique, le Bureau du Département du Trésor des États-Unis de Contrôle des Avoirs étrangers (OFAC) a ouvert une procédure judiciaire contre un militant pro-cubain de longue date basé à Tampa.

Albert A. Fox Jr., qui a des liens étroits avec le gouvernement cubain, risque une amende de 100’000 $ pour des violations présumées de l’embargo des Etats-Unis au cours de deux voyages à l’ile au cours des six dernières années.

Les sanctions sont les premières émises par l’OFAC envers un individu depuis au moins 2013.

Selon les documents officiels obtenus par El Nuevo Herald, l’OFAC accuse Fox, président de Alliance for Responsible Cuba Policy, de transactions illégales liées à deux voyages effectués à Cuba. Les transactions prohibées alléguées comprennent la fourniture de services de voyage non autorisés à cinq membres de l’Association internationale des entrepreneurs de forage de Houston – qui se sont rendus sur l’ile en aout 2010 – et des activités commerciales non autorisées, y compris des réunions avec des représentants du gouvernement cubain.

L’OFAC a également présenté des accusations plus détaillées contre Fox liées à un deuxième voyage en Septembre 2011 avec une délégation de 15 personnes qui ont voyagé sur un vol inaugural Tampa-Havane. La délégation était dirigée par le regretté Steve Burton, ancien chef de l’Autorité de l’aviation de Hillsborough, et Mary Mulherm, ancienne membre du conseil municipal de Tampa. L’OFAC affirme que Fox a couvert les frais d’hébergement de la délégation à l’Hôtel Nacional, les billets d’avion de Xael Charters, le transport sur l’île avec Havanatur, les repas et les visas pour certains membres de la délégation.

L’avocat de Fox, Arthur Heitzer, a dit au Nuevo Herald que Fox avait obtenu des licences spéciales de l’OFAC pour les deux voyages en question au titre d’ »activités humanitaires » autorisées et n’a pas été payé pour ces services. Il insiste également que son client aurait été « doublement couvert » par la licence spéciale et une licence générale pour « recherche professionnelle. »

Heitzer a dit qu’en tant qu’ « expert sur les relations États-Unis-Cuba » les voyages de Fox étaient destinées aussi à recueillir des informations pour sa profession. Il a ajouté que son client a travaillé avec des fournisseurs de services autorisés et qu’il n’a pas effectué de paiements directement à du personnel cubain.

Un examen des amendes imposées par l’OFAC au cours des dernières années montre que les sanctions envers les particuliers ont diminué de façon spectaculaire depuis 2009, lorsque le président Barack Obama a commencé son premier mandat. Bien que des mesures aient été prises à l’encontre de banques et de sociétés, aucun individu n’avait été sanctionné pour des violations liées à Cuba au cours du deuxième mandat d’Obama, indiquent les dossiers.

L’action de l’OFAC contre Fox a commencé en mai 2015, cinq mois seulement après qu’Obama ait annoncé son intention de normaliser les relations avec l’île. L’amende de 100’000 $ a été officiellement annoncée en aout 2015. Mais la réponse à une demande d’audience par l’avocat de Fox n’est arrivée qu’en Juillet.

Selon Heitzer, le cas pourrait être le résultat d’une « vendetta » du bureau de Miami de l’OFAC contre Fox, qui a publiquement appelé à la fermeture de ce bureau lors de son témoignage devant le Sénat en 2002 et au cours de sa campagne de 2006 pour un siège de député actuellement occupé par la Républicaine Kathy Castor.

« Pendant des années, j’ai entendu des histoires sur les abus du gouvernement par des « bureaucrates anonymes » et j’ai toujours cru qu’elles étaient exagérées. Comme j’étais naïf », a dit Fox.

Les fonctionnaires du bureau de l’OFAC à Miami n’ont pas répondu à une demande de commentaires.

Dans les réponses envoyées à l’OFAC, Heitzer, qui possède une vaste expérience avec des cas similaires, affirme que son client est victime de représailles pour sa position sur la politique envers Cuba.

« Nous pouvons spéculer qu’il y a, à différents niveaux de gouvernement, des jusqu’au-boutistes qui veulent se venger sur Fox », a déclaré l’avocat, qui a décrit le travail de son client et la fondation qu’il dirige comme étant d’intérêt national pour les États-Unis et la Floride.

«  Ils veulent faire de M. Fox la dernière victime de la guerre froide contre Cuba », a-t-il dit.

Fox, dont la mère est cubaine, a été un acteur clé dans les relations Tampa-La Havane. Un éditorial duTampa Bay Times l’a crédité pour sa contribution à la restauration des vols entre Tampa et Cuba, tandis qu’un autre article dans le même journal l’a identifié comme un médiateur important pour aider à parvenir à un accord de coopération entre les Etats-Unis et Cuba en cas de déversement de pétrole dans le Golfe.

En 2002, l’activiste a également organisé une rencontre entre le maire de Tampa de l’époque, Dick Greco, et Fidel Castro à La Havane. À cette occasion, Fox a déclaré au St. Petersburg Times que « voir quelqu’un comme Fidel Castro, debout comme un soldat, nous saluer  » à la fin de la réunion, « ça dit tout. »

[…]

Plus récemment, Fox a été invité à la cérémonie d’ouverture de l’ambassade de Cuba à Washington en Juillet 2015 et l’année précédente, il a organisé un voyage sur l’ile d’un groupe de 43 fonctionnaires, hommes d’affaires et de dirigeants communautaires de Tampa.

L’OFAC a refusé de commenter sur pourquoi ces mesures ont été prises contre Fox plusieurs années après ses différents voyages, bien que les documents indiquent clairement que le délai légal n’a pas expiré.

Un porte-parole du Département du Trésor a refusé de commenter l’affaire en cours, mais a rappelé que, « toutes les personnes américaines, individus ou organisations, doivent se conformer aux lois et règlements administrés par le Bureau. L’OFAC enquête sur les violations apparentes, le cas échéant et conformément aux lois et réglementations gouvernementales américaines. »

« L’OFAC a pris différents types de mesures d’application au cours des dernières années, mais ces affaires prennent du temps. Vous remarquerez que la plupart des infractions de voyage par Fox ont eu lieu entre 2010 et 2011, tout comme les actions récentes contre les banques ont débuté vers 2004 et 2007 », a déclaré Mauricio Claver-Carone, directeur du US-Cuba Democracy PAC et observateur des questions cubaines à Washington. « Ainsi, la plus grande leçon (et avertissement) à ceux qui se sentent encouragés par la nouvelle politique à jouer plus vite que la musique avec la loi est que le délai de prescription ne sera pas dépassé lorsque le président Obama quittera ses fonctions en Janvier. »

Une audience est prévue pour Février à Baltimore.

Nora Gámez Torres – El Nuevo Herald (Miami)

Traduction « Ne croyez pas qu’ils vont s’arrêter là » par VD pour le Grand Soir avec probablement toutes les fautes et coquilles habituelles.

Source : LeGrandSoir.info

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Publié dans Actuel, Blocus, Cuba

Mariela Castro Espin

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