Changement de présidence

Les députés cubains vont élire, jeudi 19 avril, un nouveau président : Miguel Diaz-Canel.

Minée par cinquante-six ans d’embargo économique, commercial et financier des États-Unis et par la chute de l’URSS, en 1991, l’économie cubaine se caractérise par de nombreuses pénuries et par des salaires très bas. Son système de santé et ses écoles comptent pourtant parmi les meilleurs au monde. Portrait en six chiffres d’un pays encore sous embargo.

Découverte lors du premier voyage de Christophe Colomb en 1492, Cuba demeure, jusqu’en 1898, une possession espagnole. À la faveur de la seconde guerre d’indépendance, en 1898, l’ile se libère du joug espagnol pour rester sous l’influence étroite des États-Unis. Les coups d’État et les dictateurs se succèdent jusqu’en 1959, date à laquelle la révolution menée par Fidel Castro élimine le militaire et dictateur Fulgencio Batista.

Depuis 1962, Cuba est sous embargo des États-Unis, qui « louent » aujourd’hui l’enclave américaine de Guantanamo, située à l’Est de l’ile, contre un loyer dérisoire de 4 085 dollars par mois. Les Castro, qui nient la légitimité de la présence nord-américaine sur ces 121 km² de terrain tracés au cordeau, ont toujours refusé d’encaisser les chèques du gouvernement américain.

En 2016, le salaire moyen mensuel cubain était de 740 pesos, soit 22,50 euros. Tous les Cubains bénéficient de tickets de rationnement leur permettant de se procurer les vivres de première nécessité : œufs, huile, riz, haricots rouges, pain, café, poulet, sucre. La libreta (carnet d’approvisionnement) n’est toutefois pas suffisante pour satisfaireles besoins alimentaires d’une personne – ni pour faire face aux pénuries dont souffre le pays. En mars 2018, il était quasiment impossible de trouver des œufs dans les magasins d’État – quand ces derniers se vendaient dix fois leur prix sur le marché noir. Pour faire face au manque, le gouvernement cubain a importé du Brésil des œufs en poudre.

Depuis le 7 octobre 2010, les Cubains sont autorisés à exercer 178 métiers à leur compte. Moyennant l’achat d’une licence et le paiement d’impôts spécifiques, ils peuvent choisir une activité indépendante dans une liste comprenant des activités très diverses : vendeur de figure en plâtre, ferblantier, partenaire de danse « à la Benny Moré », peintre de rue, coiffeur, vitrier… Ces licences permettent aux Cubains de constituer des casas particulares ou paladares, respectivement maisons d’hôtes et restaurants privés, permettant aux touristes d’échapper aux structures étatiques, souvent onéreuses et d’un moindre standing. En 2016, l’on comptait à Cuba 16 000 casa particulareset 1 700 restaurants privés.

Très égalitaire, le système d’éducation cubain peut se targuer d’être l’un des meilleurs au monde. Selon l’Unicef, le taux net d’alphabétisation des jeunes s’élève à 100 %. L’Unesco chiffre, quant à lui, le taux brut de scolarisation dans l’enseignement secondaire à 100 %, contre 34 % de taux brut d’enseignement dans le supérieur. Les données récoltées par la Banque mondiale mettent en avant le fort taux d’engagement de l’État dans le secteur de l’éducation : en 2010, le pays consacrait 12,83 % de son PIB à l’enseignement. A titre d’exemple, la moyenne mondiale de la part consacrée à l’enseignement dans le PIB des États était, la même année, de 4,56 %.

Selon l’Office national des statistiques cubain, 4 millions de touristes ont foulé le sol de l’ile en 2016. Ils n’étaient, en 2012, que 2,8 millions. Les voyageurs canadiens, proches géographiquement et n’ayant pas à subir les restrictions imposées aux voyageurs américains par le gouvernement Trump, sont les premiers, en nombre, à visiter l’ile, suivis de près par les Cubains expatriés et États-Uniens. Avec 187 468 touristes en 2016, les Français sont en septième position.

Seconde source de devises pour le pays, les revenus liés au tourisme international ont considérablement augmenté, passant de 2,6 milliards de CUC (l’une des deux monnaies cubaines, dont le taux de change est aligné sur celui du dollar) à 3 milliards entre 2012 et 2016.

Avec 90 161 praticiens en activité pour 11,4 millions d’habitants, Cuba est l’un des pays les mieux dotés au monde en médecins. Présents dans soixante-deux pays et constituant pour l’ile communiste la première source de devises, les médecins cubains sont renommés dans le monde entier. Cuba jouit d’un taux de mortalité infantile très bas (quatre morts pour mille naissances en 2016, selon l’Unesco), d’une très faible prévalence du VIH (0,4 %) et d’une espérance de vie de 80 ans, soit… une année de plus que son ennemi américain.

Source : LeMonde.fr

 

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Publié dans Cuba

Mariela Castro Espin

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