Que sont allés chercher les Cubains en Afrique ?

385 908 combattants cubains ont participé à toutes ces missions et 2 398 d’entre eux sont morts en s’acquittant de leur devoir internationaliste.

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Source : CUBADEFENSA | Sitio Web de la Defensa de la República de Cuba.

24 Juin 2019

Photo : La plupart de ces enfants n’avaient jamais tenu un jouet dans leurs mains. Par Pastor Batista

Par une chaude matinée d’octobre 1983, un groupe de jeunes s’était rassemblé devant le Comité militaire de la Plaza de la Revolucion, dans la ville de La Havane. La raison de la présence de ces garçons, pour la plupart encore imberbes, était de partir en Angola comme volontaires.

Les aspirants combattants internationalistes avaient commencé à arriver aux petites heures du matin. Blagues, anecdotes et commentaires ponctuaient leur attente, tandis qu’ils se racontaient des épisodes d’héroïsme et de combats, la plupart issus de leur imagination juvénile et de leur désir qui les encourageaient à revivre l’histoire de leurs parents et de leurs grands-parents.

Tôt dans la matinée, le personnel et les responsables du Comité militaire ont commencé à arriver, visiblement étonnés d’un tel attroupement de jeunes gens. Un officier, fonctionnaire du Comité, salua les personnes présentes et leur demanda de se placer en file indienne le long du trottoir.

Les échos de la défense héroïque de Cangamba avaient été le détonateur. On ne savait pas encore très bien ce qui s’était passé, mais on racontait des histoires encore plus incroyables que la légende des 300 Spartiates des Thermopyles.

CANGAMBA

Du 2 au 10 août 1983, les positions défendues par les combattants internationalistes cubains et les Forces populaires de libération de l’Angola (Fapla) dans le village de Cangamba furent encerclées et attaquées.

La 32e Brigade d’infanterie légère (BIL) des FAPLA et un groupe d’instructeurs cubains avaient été déployés dans localité de la province de Moxico, dans l’est du pays.

Du côté des FAPLA, les forces stationnées à Cangamba étaient de 818 hommes, qui se distinguaient pour la plupart par une faible préparation au combat, et 82 combattants internationalistes faisaient office d’instructeurs. Dès le début des combats, le 2 août 1983, le commandement cubain envoya un renfort, portant la présence cubaine à 184 effectifs. Au total, les défenseurs de Cangamba disposaient de 18 pièces d’artillerie et de mortiers de petit calibre et de 36 batteries GRD-1P qui disposaient de peu de munitions.

Du côté sud-africain, bien qu’aucune force d’infanterie n’ait été déployée sur le terrain, des spécialistes de l’artillerie, du renseignement et des pointeurs aériens étaient présents, un nombre équivalent à environ un bataillon. Il y avait aussi de petites unités du Bataillon Buffalo, qui avait vécu des expériences d’actions conjointes contre l’UNITA (Union nationale pour l’indépendance totale de l’Angola), qui comptait plus de 3 000 hommes.

18 Cubains moururent et 27 furent blessés dans ces combats. Les FAPLA quant à elles enregistrèrent 60 morts et 177 blessés. 85% des abris furent endommagés ou détruits. Par ailleurs, on retrouva 401 culots d’obus éparpillés sur le sol de la position défendue, auxquels s’ajoutèrent environ 1 300 fragments de projectiles antichars et de roquettes GRAD-1P. On estime qu’au moins 1 500 projectiles d’artillerie furent lancés sur les positions défendues par les Cubains.

UN PEU D’HISTOIRE

Pendant que les aspirants internationalistes attendaient, on parlait de Kifangondo, du courage des Cubains et des Angolais, de la fuite en débandade de l’ennemi, qui quelques jour avant la bataille avait proclamé comme devise: « petit déjeuner à Caxito, dejeuner à Cacuaco et dîner à Luanda », mais avait fini par mordre la poussière de la défaite.

Kifangondo, Cangamba et Cuito Cuanavale sont entrés dans l’histoire comme « des lieux très chers à la sensibilité patriotique des Cubains ». La victoire de Cuito Cuanavale aura marqué à jamais l’histoire de l’Afrique, mettant fin au régime honni de l’apartheid, mais ces batailles menées par les internationalistes cubains, soldats volontaires du pays de José Marti et de Fidel Castro, remplissaient de fierté les nouvelles générations qui rêvaient de « s’acquitter de la dette envers l’Afrique ».

Enseignants, médecins, constructeurs, ingénieurs, des centaines de milliers de Cubains ont participé à des missions internationalistes en Afrique. Le 23 mai 1963, à bord d’un appareil de Cubana de Aviacion, 29 médecins, 4 stomatologues, 14 infirmières et 7 techniciens de santé débarquèrent en Algérie.

Ce fut la première mission internationaliste cubaine en Afrique dans l’histoire de la Révolution, une coopération qui n’a pas cessé depuis toutes ces années et qui a contribué à sauver des milliers de vies, à alphabétiser les populations, à construire, à ensemencer, à défendre avec leur sang l’indépendance du continent. Plus de 34 000 jeunes techniciens et universitaires ont obtenu leur diplôme à Cuba au cours de ces dernières décennies, et des milliers d’autres suivent actuellement des études dans nos universités. (1)

LES MISSIONS INTERNATIONALISTES MILITAIRES

Un contingent militaire cubain composé de 685 effectifs et leur matériel débarqua dans ce pays d’Afrique entre le 21 et le 29 octobre 1963, avec pour mission de venir en aide à la République algérienne démocratique et populaire naissante, ceci après l’arrivée de notre personnel de santé.

Par ailleurs, Cuba dépêcha 746 combattants en réponse à la demande d’aide formulée par le gouvernement syrien à l’occasion de l’échec de l’offensive lancée par l’Égypte et la Syrie, le 6 octobre 1973, pour tenter de récupérer les territoires occupés par Israël durant la guerre des Six Jours, en juin 1967. Avec les troupes cubaines, un régiment de chars d’assaut fut formé, qui par la suite intégra la 47e brigade de blindés cubano-syrienne.

En Angola, l’Opération Carlota se déroula d’août 1975 à mai 1991, et la victoire se solda par le retour au pays du dernier groupe de combattants. C’était la réponse du gouvernement cubain à la demande d’aide du leader historique du Mouvement pour la libération de l’Angola (MPLA), Agostinho Neto, face à l’agression perpétrée par le régime sud-africain de l’apartheid et ses alliés internes et externes, pour empêcher l’indépendance de la nation africaine, venir à bout du MPLA et occuper le pays.

Au total, 337 033 militaires et environ 50 000 coopérant civils ont effectué des missions en Angola. Un contingent militaire cubain fut déployé à Pointe Noire, en République du Congo, avec pour mission d’appuyer les troupes qui assuraient la défense de Cabinda (Angola), si nécessaire.

« Les peuples de l’Angola et de Cuba sont frères sous tous les aspects et c’est pourquoi nous resterons toujours côte à côte (….). Dans les bons moments, dans les mauvais, et pour toujours. Nous n’emporterons avec nous que l’amitié indestructible de ce grand peuple, et les restes de nos morts ! » (2)

Sous le nom de code Opération Baragua, la mission militaire internationaliste en Éthiopie démarra en janvier 1978, lorsque les premières troupes cubaines arrivèrent dans ce pays pour repousser l’agression des forces armées somaliennes, commencée en juillet 1977. La mission dura jusqu’en septembre 1989, avec la participation de 41 730 soldats cubains.

Au total, 385 908 combattants cubains participèrent à toutes ces missions et 2 398 d’entre tombèrent au champ d’honneur en remplissant leur devoir internationaliste.

Nous n’avons rien rapporté d’Afrique, ce continent mille fois pillé par les puissances coloniales. Nous y sommes allés à la demande de son peuple, pour remplir ce que nous considérons comme un devoir sacré. Les milliers de combattants qui ont combattu en Afrique n’ont pas agi en quête de gloire personnelle ou de richesse, ils n’étaient mus que par le désir d’être utiles, ils étaient là par devoir envers la Révolution, d’être à la hauteur du temps qu’il leur était donné de vivre.

LA GLOIRE VÉCUE

Il est difficile de comprendre encore aujourd’hui, après de longues années écoulées, par les temps qui courent, comment des jeunes à la fleur de l’âge pouvaient être prêts à tout donner, y compris leur vie pour venir en aide à des gens vivant à des milliers de kilomètres de distance, à abandonner la sécurité de leur foyer, à affronter la nostalgie, les maladies, la fatigue et la mort.

Qu’est-ce qui a rendu possibles de tels actes de désintéressement ? Ces hommes qui aujourd’hui ont des cheveux gris n’étaient pas allés à la Sierra Maestra ou à Playa Giron, ils n’avaient pas vécu les journées de la Crise d’octobre, de la Campagne d’alphabétisation. Ces jeunes qui se sont inscrits au Comité militaire de la municipalité Plaza de la Révolucion et à de centaines d’autres de ces instances à travers le pays en ces journées de 1983 et pendant plusieurs années, n’étaient pas des fanatiques ou des moutons endoctrinés, mais des garçons et des filles nés avec la Révolution, et ils étaient animés par la conviction profonde qu’il s’agissait d’un devoir ; ils étaient fiers de ceux qui se battaient et donnaient leur vie sur les terres africaines, et ne voulaient pas être en reste. Eux aussi voulaient répondre présent à l’appel.

Ce jour-là, j’étais là, parmi eux, je les ai vus pleurer, et j’ai pleuré avec eux lorsque certains d’entre nous avons été déclarés non aptes. Bien sûr, tout le monde ne pouvait pas y aller… Mais rien ne pouvait nous consoler, pas même la promesse d’autres missions, ni l’appel à accomplir le devoir quotidien dans notre pays. Nous voulions aller à la rencontre de l’histoire.

 

Notes :

(1) Agence cubaine d’informations.

(2) Général d’armée Raul Castro Ruz, discours, 10 décembre 1977.

 

Publié dans Cuba, Culture, International

Mariela Castro Espin

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